Seyssel, le départ
Rendez-vous à 9h à la Rippe avec Michel. Dernier pesage des bagages. 40 kg pour Charly, une dizaine pour chaque bipède. Michel arrive à l'heure avec son van. A Chavannes-des-Bois, on doit presque porter Charly qui refuse d'entrer dans la maison-qui-bouge.
Prise de tête avec les douaniers français. Non, non, il faut aller là-bas, chez le vétérinaire. Ah très bien, mais comment arrive-t-on là-bas avec le van ? Mon collègue va vous ouvrir. Trouver le collègue. Courte visite du vétérinaire, tampon. Retourner payer à droite, faire timbrer les papiers à gauche, regarder le douanier remplir consciencieusement chaque rubrique de la quittance en suçotant son stylo après chaque mot, sans s'énerver. Un petit saut au bureau de gauche, comment, mon collègue ne vous a pas pris en charge. Si, si. C'est bon. Jeton de sortie au bureau de droite, on peut partir. Charly est très énervé, transpirant, et il essaie avec persévérance de trouer le plancher du van de Michel avec son sabot antérieur.

Arrivée au camping de Seyssel, presque vide. On débarque le fauve, tout content de sortir. On monte la tente, on y enfile tous nos sacs (où va-t-on dormir ?), et on part à la recherche d'une pizza à emporter, avalée sur le pouce au bord du Rhône. Quelques gouttes tombent, comme pour nous prévenir. Seyssel est un joli petit bourg. Michel repart et nous nous installons un peu mieux. On repart en ville (grand mot) avec notre compagnon à longues oreilles faire des courses pour les deux prochains jours. Il s'est calmé et séché. Il est heureux de marcher un peu. Sur la place de Seyssel, Monsieur est roi. Tout le monde veut lui parler, le caresser (surtout les oreilles...) et il reste même tranquille pendant que l'on boit un verre au bistrot. De retour au camping vers 15h30, on n'a plus rien à faire, ce qui nous change du stress de ces dernières semaines. Je fais une petite sieste pendant que René se ballade à la recherche d'un cordonnier pour recoller ses semelles qui, déjà, semblent prêtes à renoncer. Malheureusement, le dernier cordonnier de Seyssel a pris sa retraite le 31 mars.
Charly est OK, il veut nous suivre si on s'éloigne, mais il reste toujours calme. On lui a trouvé de nouveaux bobos, rien de grave pour bâter le lendemain, du moins espérons-nous.
C'est à n'y rien comprendre ! Que fait-on là ? Parce qu'il faudrait m'expliquer. Il y a à peine un mois, je broutais tranquillement l'herbe d'Annecy chez Monsieur Mermillod. Un beau jour ils sont venus me voir, ils ont vaguement parlé d'un voyage, et hop, ils m'ont emmené dans leur pays. J'ai obtenu le passeport suisse sans devoir chanter l'hymne national. Le vétérinaire de la douane m'a tordu l'oreille, fin des formalités . Puis ils ont commencé à me brosser tous les jours, ils m'ont longuement examiné les sabots, qu'ils ont enduits d'une matière dégoûtante. J'aurais dû me méfier. Après quoi il a fallu se promener tous les jours avec des sacs sur le dos, comme si ça ne frôlait pas le ridicule. Et aujourd'hui ils m'ont fait remonter dans une de ces maisons-qui-roulent (fort dangereux, ces engins), et ils m'attachent à un arbre, dans un lieu perdu. Je veux rentrer à Genève, nom d'un petit âne ! Où est la sortie ? ?