28ème jour, St-Roch, St-Alban sur Limagnole, 12km
Petit matin glacial. Nous sommes à 1280 mètres. Le vent du nord s'est levé et les nuages noirs se baladent devant la porte de notre abri. Nous partons à 7h45. Il fait frais mais le ciel se dégagera. Le GR, joli sentier, se faufile entre les sapins d'une forêt moussue. Nous sommes vers 11h à St-Alban.
Comme nous passons à côté d'un hôpital à l'entrée de la ville, je décide d'aller aux urgences faire contrôler ma jambe, malgré les bruits et autres râles que nous entendons. Je finis par trouver une infirmière qui m'explique gentiment que nous sommes dans un hôpital psychiatrique... Nous continuons jusqu'à un petit parc au centre du village. Je vais en consultation chez le médecin local, qui me découvre une inflammation du système lymphatique. Antibiotiques, car j'ai 39° de fièvre. Il va falloir faire une prise de sang demain matin. Pendant ce temps, Sandra a découvert une blessure sur le dos de Charly, de la taille d'une pièce de 5 francs. Visite chez le vétérinaire de la place (c'est fou ce qu'il y a comme docteurs sur cette place), qui diagnostique, tenez-vous bien : une blessure de bât ! Piqûre anti-tetanos, un coup de spray alu, 100FF, et au revoir. Il ne faut plus bâter selon cet homme de science. Nous nous installons au camping du coin, avec piscine, et deux énormes poneys Fjords, que Charly va snober. Ils ont même un parc pour lui, où il ne se plaît pas, car dès que nous tournons le dos il soulève les barrières pour sortir.
Nous lavons la plaie de l'âne à grande eau, nous bétadinons, selon les conseils de Monsieur Chuit. Nous profitons de ce temps libre pour faire notre lessive, écrire des cartes postales, et téléphoner. Sandra apprend que l'école de Sion ne l'accepte pas cette année.
Nous rencontrons au village le hollandais volant qui était venu nous saluer au Puy. Il marche 40km par jour en portant 20kg. Il avoue beaucoup se perdre car il navigue avec une carte routière au 250'000. Il achète une grosse carotte pour Charly. Nous reverrons aussi Jean-Dominique, qui regrette ce qui nous arrive. Il trouvait sympa de se rencontrer de temps en temps sur la route. Hier, on s'était retrouvé à un piège de la signalisation du GR, en train de chercher la petite marque blanche et rouge, parfois bien cachée par les éléments alentours. Repos forcé, mais demain nous chercherons un moyen de mieux protéger le dos de l'âne.
Les mâles sont faibles... Moi qui croyais qu'ils jouaient la comédie, ils ont tous les deux trouvé un toubib pour leur faire un certificat de repos. J'ai pensé les abandonner là, malades, mais je pense rester avec ces deux comédiens, pas si malades que ça.
Ah, ah ! Ils ont l'air malin avec un âne troué... Je sentais que cette histoire allait mal tourner pour moi. Et ils ont trouvé une nouvelle race de tortionnaire, qui se promène avec de grandes aiguilles qu'il essaie de planter dans les ânes qu'il rencontre... Je n'ai pas pu fuir ! Alors non seulement j'ai un trou sur le dos, mais j'en ai un aussi sur l'encolure. Saucisson, c'est peut-être pas si mal que ça, finalement.