54ème jour, Grisolles, Catelnaudary, Villepinte, 123km (mais pas à pied)
Nous sommes prêts devant l'hôtel à 7h30 quand le van arrive. Première surprise. C'est un van double, deux essieux, tiré par une Peugeot 405 qui doit à peine être plus lourde que la remorque. Charly monte sans discuter. Le cauchemar commence. Le monsieur, une soixantaine d'années, nous explique que c'est normalement son fils qui fait ces transports, mais qu'il n'est pas disponible. Il force les priorités, colle les camions sur l'autoroute, oublie son clignotant sur des kilomètres, attend la dernière seconde pour s'arrêter au péage. C'est désagréable même pour nous. A la sortie de l'autoroute, il néglige violemment un stop et là, crac, police nationale. Pendant qu'il règle ses petites affaires, le policier vient papoter avec moi. Le chauffeur semble avoir déjà perdu pas mal de points, et le gendarme s'inquiète pour notre âne. Il a travaillé à Ferney-Voltaire, et nous indique le chemin de halage à prendre, très serviable. Le chauffeur nous dépose au pont de Castelnaudary. Il caille terrible. Charly est un peu tremblotant. Je pars aux renseignements touristiques. Rien, car ici, ils ne font que louer des bateaux. Je demande si ils ont un modèle avec box, mais non. Donc nous bâtons et nous reprenons le chemin le long des berges du canal du midi. Il est encaissé et à l'abri du vent. Nous arriverons rapidement, après pause Juste sèche, cochonou et Mimolette pain rassis, à Villepinte. Le camping accepte Charly. Nous nous installons, quelques courses, puis nous planifions les jours suivants. Nous allons atteindre Carcassonne, mettre Charly dans un centre équestre, et nous-mêmes dans un hôtel Best Western à la Cité. Il vente beaucoup dans la région. En parlant avec le policier, je lui disais " nous avons pris le van pour éviter Toulouse ", et il me répondit " il y a toujours du vent par ici. Quand il n'est pas du sud, il est du nord. "
René omet de dire qu'il achète le pain par demi livre, ce qui a provoqué une grande hilarité. Chez moi, bien entendu.
Et voilà, cela ne cessera donc jamais, l'autre bipède à chapeau nous fait un nouveau caprice. Il s'est mis en tête de monter sur mon dos. Comme si porter leur barda ne suffisait pas. Bon d'accord, il est maigre, mais faut pas pousser, on n'est pas en Afrique du nord. Enfin, j'ai fait semblant de ne pas m'en apercevoir, j'ai continué à brouter.