Voyage initiatique avec la secte de l'âne solaire ou à dada sur mon baudet ! Deux illuminés et un petit âne gris sur les pas moyenâgeux des constructeurs de cathédrales...
Départ à l'Ascension du mois de mai de l'an mil neuf cent nonante-six. Retour selon volonté divine.
Tout le monde sait comment cette aventure a commencé, un jour du mois de novembre 1995, alors qu'arrivait à Chavannes-des-Bois notre premier âne. Et déjà là, le bât blessait. C'était une ânesse, et elle était portante. Ce qui lui a permis d'échapper au projet farfelu qui avait germé dans nos têtes, et dans lequel elle jouait un grand rôle. Ce qui ne l'empêcha pas de n'en faire qu'à sa tête et de ne mettre son ânon au monde qu'une bonne semaine après notre départ (on n'est jamais assez prudent).
Quand nous avons compris que Cayenne avait bien calculé son coup, nous avons cherché un nouveau porte-bagages à longues oreilles. Et ce fut un travail long et laborieux. Mais Charly, trouvé près d'Annecy, semblait parfait pour ce rôle. Il a donc été naturalisé suisse, puis insuffisamment entraîné (ce n'est pas le seul, nous direz-vous), tout cela dans le but de parcourir une ancienne voie de pèlerinage moyenâgeux.
Comme nous somme têtus, presque autant que nos ânes réunis, un beau jour du printemps 1996 (ce fut peut-être le seul beau jour du printemps cette année-là), nous avons abandonné notre salle de bain, notre frigo et j'en passe pour partager la vie de Charly pendant plus de deux mois.
Vous trouverez donc dans les pages qui suivent le journal de ce voyage et le récit de l'étrange cohabitation de deux bipèdes obstinés et d'un âne.
Lors de la préparation de ce voyage et pendant son déroulement, nous avons été aidés, conseillés, soutenus, nourris et logés... Il nous est impossible de citer toutes les personnes qui ont croisé notre chemin, mais nous tenons à remercier tout particulièrement :
- Dany, Tatou et le pony-club Mottier, pour les conseils pratiques, avant, pendant et après le voyage ; pour s'être occupé de Cayenne, d'Ignace, et d'Only You pendant notre absence et pour nous avoir soutenu dans un projet farfelu : utiliser des longues oreilles. Leur vision des équidés ne sera plus jamais la même (rien ne résiste à Tatou sauf, peut-être, Cayenne...).
- Francette et Giorgio Acerbis pour avoir hébergé Charly, avant sa naturalisation.
- P-A Chuit, pour tous ses conseils, la puce électronique " passeport " dans l'encolure de Charly et les beaux papiers en règle qui ont fait renoncer les douaniers hargneux.
- Michel Salamin et sa maison-qui-roule à moteur, qui a transporté plus d'une fois Charly sans que celui-ci lui manifeste la moindre reconnaissance.
- Stéphane Tavernier, qui a arrosé les plafonniers durant notre absence.
- Anne Simon pour l'hospitalité spontanément offerte aux pèlerins mouillés que nous étions.
- Louis Revel qui a servi de lien franco-suisse.
- Le centre équestre du Pin, pour ses conseils, et sa gentillesse.
- La famille Vial pour sa pelouse, sa gentillesse, et le café offert. Un coucou au petit frère de Marion, qui doit être né.
- Le centre équestre d'Yssingeaux, qui fut très accueillant avec Charly.
- La famille Rioufrait, au Puy en Velay, pour l'accueil de l'âne au camping municipal, et pour tous les câlins de Thomas pour Charly.
- L'abbatiale de Conques pour le bout de cimetière si gentiment mis à la disposition de Charly.
- Le gîte de la Cassagnole pour le repas à la table d'hôte et les souvenirs partagés.
- Le gîte équestre du Pech qui nous a trouvé un maréchal-ferrant, et pour la succulente table d'hôte.
- M. Barry pour l'hôtel de Charly à Cahors, parmi les pur-sang arabes.
- Le relais des Garrigues pour avoir accepté Charly, lui avoir prêté un petit enclos et la table d'hôte somptueuse.
- Nanou et Jean-Luc pour leur accueil à Valras et leur aide pour rapatrier Charly.
- Jacques Clouteau, dont le livre " Il est un beau chemin semé d'épines et d'étoiles ", qui décrit le pèlerinage effectué du Puy en Velay à St-Jacques de Compostelle en compagnie de son petit âne Ferdinand nous a rassurés quant à notre santé mentale et confortés dans nos projets. Nous lui avons emprunté l'idée du " mot de l'âne ".
- Henri Vincenot, pour son admirable livre " Les étoiles de Compostelle " qui nous a donné envie de voir les cathédrales des compagnons et d'user nos semelles sur le chemin.
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Photo page de garde : abbatiale de Conques
Copyright des photos: Morgane Massy