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Le TREC des Mousses 2005

Une carte au 25'000 exerce sur moi une certaine fascination. Peut-être s’agit-il de réminiscences des courses d’orientation que le professeur de gymnastique labellisé « Jeunesse et sport » de mon adolescence nous organisait pour remplir nos heures d’activité physique obligatoire, ou encore du même genre d’épreuve, quelques années plus tard, où nous étions vêtus d’une combinaison multicolore assez incongrue et munis d’une ration de survie dont nos mulets n’auraient pas voulu.

Sandra, pour avoir traversé la France à mes côtés avec Charly, le petit âne gris dans le rôle du porte-bagages, la série bleue 25 d’IGN ou la carte Didier Richard au 50'000 à la main, n’est pas en reste question topographie. Un cours d'azimut avec Liliane a affiné nos connaissances.

Regarder une carte, c’est déjà partir un peu.

Bref, l’idée du POR nous plait et nous avons eu ces deux dernières années beaucoup de plaisir à participer avec nos mulets à des épreuves de TREC de série 2. Lors du TREC des Mousses 2005, faute au règlement et à nos bons résultats de 2004, nous nous sommes essayés à la série 1, et c’est une autre histoire.

« Ce ne sera pas vraiment une série 1, vous avez bien le niveau, il faut essayer », nous a dit Chantal. Quand nous avons reçu la liste des participants, notre optimisme a fondu. Parmi les meilleures cavalières de série 1, au milieu de l’équipe suisse et de l’équipe suisse junior, entre Stéphanie Keuffer et Florence Buffat (qui d’ailleurs termineront respectivement deuxième et première), il y avait… nous, deux touristes à dos de mulet.

Le ridicule glissant sur le poil de nos mulets comme les trois gouttes de pluie du jour sur nos selles, nous entrons donc en salle des cartes à 8h20, munis de nos dossards rouges, de nos boussoles, de nos Rotrings à pointe fine et de notre meilleure volonté. Le début du tracé nous est familier. Pour la suite on verra bien. A peine veut-on quitter la salle qu’on met nos cartes sous enveloppe et nous donne une liste d’azimuts.

Et nous voilà partis pour une longue séance de comptage de foulées. Nous hésitons au troisième azimut, la direction indiquée n’étant pas celle que nous avons tracée sur la carte. L’azimut a forcément raison, nous y allons Recta et sommes bientôt rejoints par Florence. Nous trouverons le poste de contrôle au terme de ce secteur d’azimuts, surpris par la régularité des foulées de nos montures et par la précision de nos mesures d’étalonnage, mais fatigués de compter plusieurs milliers de foulées.

Nous reprenons notre parcours sur la carte. Dans le bois de la Croix, le tracé quitte le chemin à gauche, coupe à travers bois sur un hypothétique sentier que nous ne trouvons pas, et rejoint une route forestière. Nous débouchons sur le chemin trop loin, corrigeons cette erreur immédiatement. A travers la banlieue sud de Chavannes-le-Veyron, nous mettons le cap au sud-sud-ouest vers la prochaine difficulté. Là nous attend un secteur ne correspondant à aucun chemin sur la carte. Mais où est-il, ce sentier moussu que j’imaginais si bien se dérouler devant nos sabots, juste sous le trait rouge tiré sur la carte ? Je ne vois rien que des sentes d’écureuils et quelques traces de concurrents précédents, apparemment aussi perplexes que nous. Allers-retours, nous comptons et recomptons nos distances. Nous finissons par rejoindre le chemin forestier, pas convaincus d’avoir suivi exactement le tracé demandé, mais certains d’avoir laissé suffisamment de traces dans tous les sens pour ne pas aider les suivants. Le prochain secteur semble plus facile, nous nous relâchons un peu, oublions de compter nos foulées et tombons dans le piège suivant. Au bout du chemin, nous devons suivre une limite de commune sur la gauche et faire un crochet pour revenir vers le pont sur un petit affluent du Veyron. Sur la carte, le chemin se termine à la limite de commune ; dans la vraie vie, il continue, l'ignoble, et débouche pile sur le pont et le contrôle de passage, que nous franchissons de manière incorrecte.
Encore quelques difficultés dans les bois, puis nous suivons un long tracé bétonné qui nous mène à travers champs jusqu’à La Chaux et au paddock le long du Veyron. Nouvelle erreur, tellement contents d’arriver à la pause de midi après ce long parcours de ralliement sans surprise sur le béton, nous oublions complètement de regarder la carte (et pourtant, on aurait eu le temps de l’apprendre par cœur) et nous dirigeons droit sur la cantine, au lieu de contourner le bosquet et de franchir le contrôle correctement.

Avant la pause, il faut encore franchir les obstacles du PTV. Pamino en a un peu ras les glomes, mais s'en sort pas trop mal au portail. On n’est pas bon sur le van, l’immobilité et le montoir à droite, obstacles qui posent d’habitude peu de problèmes. Par contre, après un pas chassé à gauche, un pas chassé à droite, il saute le tonneau, franchit l’allée maraîchère à côté des perches et grimpe le contre-haut sans hésitation. La montée en main ne pose pas non plus de problème, je craignais qu’il ne s’arrête au milieu et refuse de continuer. La descente en selle est plus impressionnante. J’ai vu Sandra descendre à pied. Je demande son avis à Pamino et décide de  tenter le coup. Il s’engage sans hésitation, fait quelques pas prudents et soudain ses postérieurs glissent sous lui. Il saute en avant pour se rattraper, saute à nouveau parce que finalement on est presque en bas et sans rien comprendre, je me vois voltiger dans les airs et tomber lourdement sur l’épaule droite. Le souffle coupé, je n’arrive qu’à agiter la tête négativement en réponse aux « ça va ? » des gens qui se pressent autour de moi. Je reprends mon souffle, bouge ma main droite, la gauche, les jambes, ça va, j’ai mal, mais ça va.
Norbert me ramène Pamino que je menace de transformer en saucisson. Désireux de se racheter, il franchit la passerelle, effectue un reculé de rêve, démolit la maniabilité (faut quand même pas trop en demander) et franchit la rivière artificielle bleue. Ouf, on va pouvoir se doper à l’arnica (l’harmonica, comme dit Hugo) et se reposer un peu.

Après une demi-heure de pause "pot-au-feu" (merci les organisatrices, de prévoir un repas chaud), nous devons franchir le dernier obstacle du PTV: traverser le Veyron à gué puis continuer le parcours. Un passage encaissé descend vers la rivière, profonde et bruyante.

Sandra se présente devant l'obstacle, Beat se dérobe sur le côté. J'essaie à mon tour, Pamino fait la danse du crabe et refuse de s'engager. Il est utopique de vouloir forcer un mulet de 600 kg qui refuse un obstacle. La seule voie envisageable est la négociation. Comme ces démarches de type diplomatique peuvent prendre un certain temps, nous décidons de contourner l'obstacle et terminons le parcours sans autre problème notable.

En conclusion, je vous assure qu'un TREC en série 1 n'est pas de tout repos et est un peu trop exigeant par rapport à notre motivation. Il est impératif de rester concentré du début à la fin, de compter ses foulées sans cesse, de vérifier sans relâche sa position et sa direction; cela nuit à la conversation, augmente la tension au sein de l'équipe et ternit quelque peu notre plaisir. De plus, les concurrentes sont redoutablement efficaces: j'ai terminé dernier d'un PTV que je pensais assez réussi.
Nous avons également regretté la formule de l'édition 2004, avec les obstacles de PTV répartis sur le parcours.

Il nous reste quelques belles satisfactions: un bon classement en série "mulets" (que je viens d'inventer) et un prix spécial (que je viens d'inventer) en catégorie "hommes" (que je viens d'inventer). Mesdames, bravo. Messieurs, faites chauffer vos boussoles.

Encore un grand coup de chapeau aux organisatrices: le nombre d'inscriptions dit bien combien votre manifestation est appréciée.  Merci pour ce TREC très populaire et convivial à la limite de l'hiver, pour les repas chauds et la soirée pizza, pour les gâteaux des mamans, pour les prix offerts à chaque participant et pour tous ceux que j'oublie.

A l'année prochaine, sûrement, en série 2...

 

Une mule remporte le TREC de Montricher 2004

Monica Horath et sa mule Bidana ont remporté la Série 2 du TREC de Montricher, dimanche 15 août 2004.

Nous avons effectué samedi, en équipe, un très bon parcours d’orientation et Monica a réalisé dimanche une MA (maîtrise des allures) et un PTV (Parcours en terrain varié) qui frisent la perfection. 48 points sur 60 à la MA et 145 points sur 160 au PTV.

Bravo Monica, et merci pour tes judicieux conseils, nous avons vraiment eu beaucoup de plaisir à partager ce week-end avec toi.

Quant aux deux autres mulets inscrits, les nôtres (il n’y en a pas tellement que ça), ils n’ont pas démérités et se sont même montrés plutôt brillants pour l’occasion.
Sandra et Beat se sont classés au 4ème  rang, alors que moi-même et Pamino avons décroché la 8ème place.

Trois mulets classés dans les dix premiers, voilà un résultat encourageant qui démontre les qualités de nos amis à longues oreilles.
 
Un peu d’histoire
 
Juillet 2003, nous avions nos mulets depuis moins d’une année. Nous nous étions laissé convaincre par Barbara et Ismael, du manège de Montricher, de participer à leur TREC annuel. Après quelques hésitations, nous avions accepté, parce que l’ambiance du manège est fort sympathique, que le TREC semblait correspondre assez bien à notre idée d’équitation d’extérieur pour le plaisir, du moins en série 2, et que cela nous motivait à travailler des points que nous n’aurions pas ou peu travaillé autrement (enfin, surtout moi), comme le saut, le dressage (reculé, latéral, maniabilité, trot, galop, changement d’allure, frein à main, baisse tes talons…).
 
Cette année, pour chasser l’hiver, nous avons participé à notre premier TREC aux Mousses le 27 mars. Nous avons très bien réussi le POR de ce TREC (5ème rang, 226 points sur 240) ce qui nous a valu au final une 6ème place pour Sandra et 14ème pour moi.
 
En avril, nous avons commencé par suivre un cours de topographie très instructif chez Liliane Künzi, à Cuarny, puis nous avons embarqué Monica dans l’aventure pour s’essayer au TREC d’initiation de Pampigny et faire une équipe de six longues oreilles.
Malgré un POR collectif un peu hésitant, Monica s’est classée au 10ème rang, très encourageant pour un premier TREC.
 
En juin, à l’invitation de Monica, nous avons testé avec bonheur les pistes de galop le long de la Reuss près de Dietwil.
 
En juillet, nous avons participé en Valais à la randonnée annuelle d’IGM, l’association des amis du mulet.
 
Et nous voilà par un frais samedi d’août au départ de notre seconde édition du TREC de Montricher.
 
Samedi 14 août 2004, le POR
 
8h35, entrée en salles des cartes. Nous connaissons assez bien les itinéraires muletiers autour de Montricher, pour les arpenter à longueur d’année sur nos vaillants destriers. Nous espérons un itinéraire qui grimpe sur les contreforts du jura, avec un bon dénivelé. Surprise, Martine nous a concocté un tracé dans les bois de Mauraz, au sud-est de Montricher, une région où nous n’allons presque jamais. Nous relevons consciencieusement notre itinéraire sur nos cartes et partons d’un bon pas vers l’aérodrome et la première difficulté, un gué aux abords boueux que nos mulets n’apprécient guère.

Nous y rencontrons deux concurrentes à cheval dont les montures refusent poliment de s’approcher de la rive. Bidana s’engage sans hésitation, Beat et Pamino la suivent, histoire de ne pas perdre la face. Nous espérons que les concurrentes bloquées vont pouvoir prendre le train, mais leurs chevaux ne l’entendent pas ainsi de leurs petites oreilles. Ils finiront malgré tout par passer plus tard, après une longue réflexion.

Selon Liliane, notre professeur de topographie agréée, et en théorie, si on maîtrise la direction (à l’aide des azimuts) et la distance (à l’aide du nombre de foulées de nos montures, que nous avons pris soin d’étalonner), on ne peut pas se tromper. La pratique n’est pas si rose. Après 350 mètres, nous devons emprunter un chemin sur la droite. L’azimut du chemin que nous pensons emprunter est bon, mais Sandra et Monica ne sont pas d’accord sur la distance. Sandra est au bon compte de foulées, alors que Monica estime la distance effectuée insuffisante. En bonne équipe démocratique et consensuelle, nous décidons de tâtonner et essayer plus loin, découvrons un chemin à droite qui n’a pas tout à fait le bon azimut, et décidons de revenir sur nos pas. Nous tombons sur le contrôle de passage, bien dissimulé, juste après le point où nous avons hésité, puis arrivons au premier poste, avec un peu de retard sans gravité sur le temps idéal.
 
La suite du tracé sera sans problème, nous enchaînons pas, trot, galop (le long d’un ruisseau dans une forêt de chênes, magnifique) et découvrons tous les postes et contrôles de passage. Seuls quelques doutes et hésitations émailleront notre parcours.
Nos mulets sont très braves. Ils ne s’emballent plus derrière les chevaux comme lors des TREC précédents. Peut-être est-ce la présente rassurante de Bidana qui les calme.
Par moment, nous trottons à trois de front, rênes longues, Beat au centre, en chef d’escadrille, Bidana et Pamino sur les côtés, légèrement en retrait. On dirait la patrouille suisse en formation canard qui déchire le ciel, la vitesse, l’altitude et le bruit en moins, je l’accorde, je m'emballe.
 
Le dernier tronçon, qui va nous ramener au gué près de l’aérodrome, est à parcourir à 9 km/h. Nous profitons donc de galoper lorsque nous trouvons un chemin agricole herbeux. Beat mène le train, suivi par Pamino et Bidana. Le chemin devenant quelque peu cahoteux, Sandra met Beat au trot et j’en fais de même avec Pamino, qui suit à quelques mètres de son pote. Bidana continue son galop et se porte à ma hauteur. Voyant cela, Pamino reprend le galop et coupe devant la mule de Monica pour l’empêcher de dépasser. « Il ne sera pas dit que je me suis laissé prendre de vitesse par une mule, non mais, nom d’un mulet ».
Nous franchissons l’arrivée sans encombres, un peu avant le gué, que Beat franchira en tête sans hésitation.
 
Nous arrivons à Montricher et là, grand bonheur du TREC à la maison, douchons nos vaillants coursiers, pommade, soins et au parc. Quant à nous, douche et relaxation en attente de la reconnaissance du PTV du lendemain et du repas au manège. Nous sommes satisfaits de notre parcours d’orientation et attendons les résultats intermédiaires avec impatience. Par contre, à la reconnaissance, le PTV nous semble d’un niveau assez élevé.
 
Dimanche 15 août, 5 heures
 
Je dors très mal, je rejoue le PTV toute la nuit. Pamino m’emmène de son élégant trot éléphantesque dans la pente vers la maniabilité, il passe à travers en arrachant tout sans que je puisse l’arrêter. Ce n’est pas grave, je vois un obstacle plus bas, je vais y aller et l’arrêter. Il passe à travers. Pas grave, j’en vois encore un plus bas…..
Vers 6 heures, je me lève, nourris et câline les fauves, ramasse les crottins de la nuit dans le parc. Ensuite je ne résiste pas, je vais au manège guigner si les résultats du POR sont affichés. Ouah, 4ème rang, 216 points. On est bien. Voilà qui va améliorer ma tension nerveuse.
Je retourne annoncer la bonne nouvelle à mes coéquipières (pas de raison que je sois le seul à flipper) et prendre un café.
 
La MA
 
Nous chauffons nos mulets sur notre paddock, tous sautent les petits obstacles de test que Monica nous prépare. Pamino est attentif, j’arrive à le décoller de ses potes sans problème. Il accepte même, suivant l’exemple de Bidana, de faire une répétition de la MA dans le couloir entre nos parcs. Montée au galop, retour au pas. Un brin de confiance pointe le bout de son nez.
 
Arrivés sur place, nous prenons nos dossards et, comme je pars le premier de nous trois, je prends soin d’attendre à quelques distances de Beat. Je me remémore les conseils de Véronique, notre professeur magicienne : respire, garde son attention en lui demandant le contraire de ce qu’il propose, donne tes ordres sans précipitation, et une fois le moment venu, couloir et paprika s’il n’obéit pas…
C’est mon tour. Je respire, lance Pamino et comme de bien entendu, demande le galop trop fort de manière que mon mulet juge impolie. Il prend le galop au contrecoeur, mais s’engage à côté du couloir. Stop, retour, je m’énerve, j’arrive à le mettre dans le couloir, mais il trotte, je m’énerve encore plus, il fait deux foulées de galop, repasse au trot, il me signifie clairement qu’il ne fera aucun point à cette épreuve. Na ! Le retour au pas, encore une fois par trop de précipitation de ma part, se fera au petit trot. On fera mieux au PTV.
 
Le PTV
 
J’ai quelques minutes avant le départ du PTV, j’en profite pour respirer profondément, demander des 8 et des reculés à mon mulet, qui me semble attentif. Me voilà engagé dans le premier obstacle, la passerelle. Pamino s'avance sans hésitation, fait un écart après les piquets et passe à côté. Cela devient son jeu favori. Je recommence et parviens à le faire passer.
 
Ouf, je prends la direction des troncs en demandant le trot. Il se met au galop. Bizarre, cet entrain inattendu. Je comprends son intention quand j'aperçois Beat dans le couloir de la maîtrise des allures, au loin sur notre droite. Effectivement, Pamino amorce un virage en direction de son copain. J’ouvre tout ce que je peux ma rêne gauche, mais vous avez vu la tête de mon mulet ( 1m de la pointe des oreilles au bout du nez), il faut une grue pour la déplacer contre son gré. Là, il devient malhonnête, et je prends mon petit accessoire couleur carotte vendu à prix d’or par un chuchoteur fameux et lui cingle la joue droite plusieurs fois, jusqu’à ce qu’il reprenne la direction des troncs. Ah ah, me chuchote-il, cette fois c’est sérieux. OK, on y va.
 
Je prends le pas devant les deux troncs, et arrivé à un mètre, le pousse en avant des talons et de la cravache en hurlant des encouragements. Il saute, je suis comme je peux, à la John Wayne.
Obstacle suivant, le reculé. Complètement stressé, j’omets de saluer Laurent, excuse-moi, le juge qui m’accueille. Je me mets en place, respire profondément, fixe un point distant (le focus, chuchoteur dixit) et tend mes rênes. Ca marche, Good Boy Pamino fait un reculé sans faute. On peut attaquer la suite de manière plus sereine.
 
Mon mulet préféré va enchaîner le saut de la rivière bleue d’Ismael (obstacle célèbre dans les paddocks du voisinage), le saut des bottes de paille, le portail, le slalom, descendant donc au pas, les montées et descentes à cheval et en main, la maniabilité, l’immobilité et le montoir à droite. On commettra quelques erreurs, mais il essaiera tous les obstacles avec bonne volonté. On a même réussi le portail, Pamino ayant effectué un magnifique pas de côté pour me laisser remettre la corde en place. Même lui n’en croyait pas ses oreilles.

On termine épuisés, autant lui que moi, mais très fiers de notre prestation. On a vraiment donné le meilleur de nous et nos efforts seront récompensés de 116 points. Un peu mieux que nos 28 points de l'édition 2003.

Sandra et Beat s’en sortiront encore mieux, puisqu’ils marqueront 15 points à la MA et 119 points au PTV.
 
Quant à Monica et Bidana, la qualité de leurs résultats pour leur deuxième TREC laisse rêveur :
MA : 24 points (sur 30) au galop le plus lent, 24 points (sur 30) au pas le plus rapide
PTV : 145 point sur 160.
 
 
Le TREC des Mousses 2004
 
Samedi 27 mars 2004, 1er TREC des Mousses et deuxième TREC pour nous et nos vaillants mulets.
 
Beau soleil, un peu de bise, et froid au moment du départ.
Les mulets sont prêts, Sandra inaugure sa magnifique selle de randonnée JMS. Nous utilisons de temps en temps le cheval d’une amie comme locomotive pour travailler le galop, et nos mulets, au départ du TREC, ne comprennent pas à quel jeu on joue. Un concurrent nous rattrape au petit galop, et nos mulets s’affolent et veulent le suivre absolument. Comme nous sommes dans une zone de champs et qu’ils voient le cheval en point de mire, nous faisons les premiers kilomètres au pas pour réfréner leur ardeur momentanée.
 
Après Moiry, nous entrons dans les sous-bois. A l’abri du vent, la température est plus clémente, et nous trottons joyeusement. Ah, voici le premier obstacle, un tronc posé en travers du sentier creux, qu’il faut sauter, nous signalent les juges présents. Après un très bref conciliabule avec Pamino, je décide de ne pas tenter le coup. Je partage complètement l’opinion de mon mulet, pourquoi sauter et risquer de se blesser alors qu’on peut très élégament contourner l’obstacle. Sandra et Beat sautent tels des pros et prennent 10 points d’avance. Grrrr. On arrive ensuite au premier contrôle, immobilité, montoir à droite, un autre saut (que Pamino et moi refusons encore) et l’allée maraîchère.
 
Nous repartons ensuite vers de nouvelles aventures et arrivons à un point critique où nous ne sommes pas les seuls à douter, nous nous retrouvons à 7 ou 8 équipages en train de « tournicoter » et chercher le bon chemin. Nous nous en sortons sans trop de peine et attaquons la montée vers le chalet Devant (qui culmine à 1'152 m.). Dans ces dénivellations, nos mulets donnent le meilleur d'eux-mêmes. Ils marchent d'un pas régulier, ne ralentissent et ne s'essoufflent jamais. De vrais grimpeurs. Nous nous laissons porter, le nez au vent. Dommage que le vent s'appelle bise et que le temps soit brumeux, on devine une vue splendide. Au chalet, après un obstacle de montée et descente en main et en selle, nous goûtons avec plaisir à une soupe chaude, excellente attention des organisatrices.
 
Dans la descente, nous déjouons grâce au feutre rose le piège du parcours et trouvons le contrôle de passage, où Pamino trébuche et manque nous faire mordre l’herbe printanière. Après La Praz, nous traversons le Bois du Chêne et admirons au passage le Cromlech, encore un poste de PTV dans une clairière exposée à la bise et nous terminons un magnifique parcours dans les bois des Rueyres. Il nous reste encore quelques obstacles de PTV, un gué que nous mulets refusent joyeusement, un van dans lequel ils entrent sans hésiter, la passerelle que Beat franchit et Pamino refuse, et le portail, que nous ne maîtrisons pas encore.
Comme nous sommes tout près de chez nous, nous ramenons les mulets dans leur box, ils ont bien mérité un peu de repos et une bonne ration de grain, et nous retournons pour la remise des prix.
 
La première série a été remportée par Florence Buffat, la deuxième série par Esty Saenger, venue de Bâle pour l'occasion.
Sandra et Beat terminent au 6ème rang de la 2ème série (sur 42 concurrents classés), Pamino et moi au 14ème.
 
Ce qui nous réjouit particulièrement est le résultat du parcours d'orientation: 226 points sur 240, alors que le meilleur concurrent totalise 229 points. Il nous reste à améliorer la maniabilité...
 
Un grand merci et bravo aux organisatrices pour leur premier TREC, très réussi et sympathique.
 
Les résultats et quelques photos sont publiés sur le site de l'ASRE.
Nos mulets au TREC de Montricher 2003

Ils l'ont fait. Et nous aussi.

Inscrits d'office par Barbara, nos mulets ont franchi toutes les épreuves du TREC de Montricher, les 11 et 12 juillet 2003. Et même s'ils ont parfois fait rire, comme Pamino Pachu qui s'arrête pour son pipi quotidien 3 mètres après le départ du PTV, ils n'ont pas été ridicules.

Samedi, le POR (parcours d'orientation)

Samedi, une trentaine de kilomètres de parcours d'orientation (POR). Nous sommes très vite rattrapés par d'autres concurrents, et nos mulets s'énervent, veulent suivre les chevaux. Ca brasse un peu. Cela se calme après le premier contrôle. Nous avons trouvé tous les postes, malgré une petite errance à 6 concurrents suite à un manque de confiance dans notre lecture. Nous avons des pénalités de temps, mais plus les postes avançaient, plus nous nous rapprochions du temps demandé. Il faut bien 25 kilomètres pour chauffer nos mammouths. Je crois que j'ai plus trotté samedi que tout le reste de ma vie de cavalier, mes fesses étaient ravies d'arriver au terme du parcours. Nous marquons malgré tout 83 points.

Dimanche matin, la MA (maîtrise des allures)

Nous étions inquiets pour cette épreuve, 150 mètres dans un couloir au galop le plus lent, 150 mètres au pas le plus rapide, le tout sans rupture d'allure et sans quitter le couloir. Nous espérions grapiller quelques points au pas, aucune illusion pour le galop, nous n'avons pas encore trouvé le bouton.

Sandra part d'abord, Beat Pichu trotte la moitié du parcours et finit au galop, sans jouer à saute-mouton, bravo. Il revient au pas sans problème et marque 10 points. A mon tour. Pamino franchit la ligne de départ dans une allure que lui seul maîtrise, entre le pas allongé et le trot, et refuse poliment mais fermement de passer entre les petits drapeaux qui délimitent le couloir. Commence un slalom peu académique entre les drapeaux. Je réussis quand même à franchir la porte d'arrivée. Le retour au pas ne sera guère plus glorieux, Pamino refusant toujours catégoriquement de risquer ses sabots entre ces drapeaux qui flottent dans le vent. Nous terminons au trot et, est-il besoin de le préciser, ne marquons aucun point.

Dimanche après-midi, le PTV (parcours en terrain varié)

Nos mulets semblent fatigués, ils broutent en attendant le départ, ignorant complètement les chevaux alentour. Sandra part au trot, Pichu ne semble pas trop motivé de laisser son copain. Je ne verrai pas grand chose de son parcours, je la rejoindrai vers les derniers obstacles.

C'est mon tour, Pamino piaffe dans ses starting blocks (je plaisante). Il démarre en crabe, un coup à gauche, un coup à droite, insensible à mes cris de motivation, ignorant la cravache, avant de finir dans la bordure du chemin et de faire son pipi de la journée. Le temps n'a pas de prise sur les ânes et les mulets.

Ca y est, on a franchi la première côte, je vois les premiers obstacles, à 100 mètres. Focus, comme dit Pat, c'est là qu'on va, Pachu. Pachu s'en fout et prend le premier chemin à gauche. Je l'arrête et le ramène.

Les obstacles s'enchaînent, c'est beaucoup plus stressant qu'à l'entraînement. Le temps imparti est court. Je fais quelques erreurs de débutant, comme oublier mes jambes avant la sortie du labyrinthe. A mon cri de joie (Heee Haaaa, à la Toy Story 2) devant le dernier obstacle, l'allée maraîchère, Pachu prend le galop sans rechigner, pose joliment ses sabots dans l'allée, mais passe au trot avant de terminer l'obstacle.

Sandra marque 29 points, et moi 28 (59 et 58 en ignorant les pénalités de temps).

Moralité

On est crevé. C'est bien plus fatiguant que nous l'imaginions.

Le parcours d'orientation était magnifique, la balade était belle, mais quel travail d'avoir toujours son nez plongé dans la carte et de compter les chemins de traverse. Nous ne sommes pas trop inquiétés pour les vitesses imposées, sachant que nous aurions de toute façon des pénalités de retard. Nos mulets ont trotté à chaque occasion, souvent les deux de front, au même rythme, reines longues et les oreilles en avant. Quelques rencontres très sympathiques avec des concurrents, le nez plongé dans la carte, même perplexité.

La maîtrise des allures est sans surprise, nous savons que nous avons beaucoup de travail dans ce domaine. Au début de l'année, ils refusaient plus de trois foulées au trot. Aujourd'hui, nous venons juste de trouver le bouton "galop" (Hee Haaaa pour Pamino). Un peu d'exercice et nous serons prêts pour la fête de mulets de novembre, à Leysin.

Le PTV est stressant, le temps imparti est court et franchir des obstacles délicats comme le labyrinthe ou le portail sous le regard de spectateurs est plus ardu qu'à l'entraînement, tout seul dans le paddock. Les départs alternés des séries 1 et 2 provoquent des attentes aux postes. Les motivations sont bien évidemment différentes et les réactions pas toujours très sympathiques.

Bravo à Barbara et Ismaël, du manège de Montricher, pour leur organisation et leur énergie et à Martine, de l'ASRE, pour les parcours.

Les résultats sont d'ailleurs publiés sur le site de l'ASRE, sous la rubrique TREC.

Nous sommes contents de l'avoir fait, nous avons bien ri et surtout, nous sommes très fiers de nos "longues oreilles", qui ont suscité beaucoup de curiosité et de sympathie. Ils sont fantastiques.

On nous avait dit qu'il fallait être un peu fou pour avoir un mulet. Nous ne regrettons pas du tout d'avoir ignoré cette remarque. Ou peut-être sommes-nous un peu fous...

 

 

May 20, 2012