Monica Horath et sa mule Bidana ont remporté la Série 2 du TREC de Montricher, dimanche 15 août 2004.
Nous avons effectué samedi, en équipe, un très bon parcours d’orientation et Monica a réalisé dimanche une MA (maîtrise des allures) et un PTV (Parcours en terrain varié) qui frisent la perfection. 48 points sur 60 à la MA et 145 points sur 160 au PTV.
Bravo Monica, et merci pour tes judicieux conseils, nous avons vraiment eu beaucoup de plaisir à partager ce week-end avec toi.
Quant aux deux autres mulets inscrits, les nôtres (il n’y en a pas tellement que ça), ils n’ont pas démérités et se sont même montrés plutôt brillants pour l’occasion.
Sandra et Beat se sont classés au 4ème rang, alors que moi-même et Pamino avons décroché la 8ème place.
Trois mulets classés dans les dix premiers, voilà un résultat encourageant qui démontre les qualités de nos amis à longues oreilles.
Un peu d’histoire
Juillet 2003, nous avions nos mulets depuis moins d’une année. Nous nous étions laissé convaincre par Barbara et Ismael, du manège de Montricher, de participer à leur TREC annuel. Après quelques hésitations, nous avions accepté, parce que l’ambiance du manège est fort sympathique, que le TREC semblait correspondre assez bien à notre idée d’équitation d’extérieur pour le plaisir, du moins en série 2, et que cela nous motivait à travailler des points que nous n’aurions pas ou peu travaillé autrement (enfin, surtout moi), comme le saut, le dressage (reculé, latéral, maniabilité, trot, galop, changement d’allure, frein à main, baisse tes talons…).
Cette année, pour chasser l’hiver, nous avons participé à notre premier TREC aux Mousses le 27 mars. Nous avons très bien réussi le POR de ce TREC (5ème rang, 226 points sur 240) ce qui nous a valu au final une 6ème place pour Sandra et 14ème pour moi.
En avril, nous avons commencé par suivre un cours de topographie très instructif chez Liliane Künzi, à Cuarny, puis nous avons embarqué Monica dans l’aventure pour s’essayer au TREC d’initiation de Pampigny et faire une équipe de six longues oreilles.
Malgré un POR collectif un peu hésitant, Monica s’est classée au 10ème rang, très encourageant pour un premier TREC.
En juin, à l’invitation de Monica, nous avons testé avec bonheur les pistes de galop le long de la Reuss près de Dietwil.
En juillet, nous avons participé en Valais à la randonnée annuelle d’IGM, l’association des amis du mulet.
Et nous voilà par un frais samedi d’août au départ de notre seconde édition du TREC de Montricher.
Samedi 14 août 2004, le POR
8h35, entrée en salles des cartes. Nous connaissons assez bien les itinéraires muletiers autour de Montricher, pour les arpenter à longueur d’année sur nos vaillants destriers. Nous espérons un itinéraire qui grimpe sur les contreforts du jura, avec un bon dénivelé. Surprise, Martine nous a concocté un tracé dans les bois de Mauraz, au sud-est de Montricher, une région où nous n’allons presque jamais. Nous relevons consciencieusement notre itinéraire sur nos cartes et partons d’un bon pas vers l’aérodrome et la première difficulté, un gué aux abords boueux que nos mulets n’apprécient guère.
Nous y rencontrons deux concurrentes à cheval dont les montures refusent poliment de s’approcher de la rive. Bidana s’engage sans hésitation, Beat et Pamino la suivent, histoire de ne pas perdre la face. Nous espérons que les concurrentes bloquées vont pouvoir prendre le train, mais leurs chevaux ne l’entendent pas ainsi de leurs petites oreilles. Ils finiront malgré tout par passer plus tard, après une longue réflexion.
Selon Liliane, notre professeur de topographie agréée, et en théorie, si on maîtrise la direction (à l’aide des azimuts) et la distance (à l’aide du nombre de foulées de nos montures, que nous avons pris soin d’étalonner), on ne peut pas se tromper. La pratique n’est pas si rose. Après 350 mètres, nous devons emprunter un chemin sur la droite. L’azimut du chemin que nous pensons emprunter est bon, mais Sandra et Monica ne sont pas d’accord sur la distance. Sandra est au bon compte de foulées, alors que Monica estime la distance effectuée insuffisante. En bonne équipe démocratique et consensuelle, nous décidons de tâtonner et essayer plus loin, découvrons un chemin à droite qui n’a pas tout à fait le bon azimut, et décidons de revenir sur nos pas. Nous tombons sur le contrôle de passage, bien dissimulé, juste après le point où nous avons hésité, puis arrivons au premier poste, avec un peu de retard sans gravité sur le temps idéal.
La suite du tracé sera sans problème, nous enchaînons pas, trot, galop (le long d’un ruisseau dans une forêt de chênes, magnifique) et découvrons tous les postes et contrôles de passage. Seuls quelques doutes et hésitations émailleront notre parcours.
Nos mulets sont très braves. Ils ne s’emballent plus derrière les chevaux comme lors des TREC précédents. Peut-être est-ce la présente rassurante de Bidana qui les calme.
Par moment, nous trottons à trois de front, rênes longues, Beat au centre, en chef d’escadrille, Bidana et Pamino sur les côtés, légèrement en retrait. On dirait la patrouille suisse en formation canard qui déchire le ciel, la vitesse, l’altitude et le bruit en moins, je l’accorde, je m'emballe.
Le dernier tronçon, qui va nous ramener au gué près de l’aérodrome, est à parcourir à 9 km/h. Nous profitons donc de galoper lorsque nous trouvons un chemin agricole herbeux. Beat mène le train, suivi par Pamino et Bidana. Le chemin devenant quelque peu cahoteux, Sandra met Beat au trot et j’en fais de même avec Pamino, qui suit à quelques mètres de son pote. Bidana continue son galop et se porte à ma hauteur. Voyant cela, Pamino reprend le galop et coupe devant la mule de Monica pour l’empêcher de dépasser. « Il ne sera pas dit que je me suis laissé prendre de vitesse par une mule, non mais, nom d’un mulet ».
Nous franchissons l’arrivée sans encombres, un peu avant le gué, que Beat franchira en tête sans hésitation.
Nous arrivons à Montricher et là, grand bonheur du TREC à la maison, douchons nos vaillants coursiers, pommade, soins et au parc. Quant à nous, douche et relaxation en attente de la reconnaissance du PTV du lendemain et du repas au manège. Nous sommes satisfaits de notre parcours d’orientation et attendons les résultats intermédiaires avec impatience. Par contre, à la reconnaissance, le PTV nous semble d’un niveau assez élevé.
Dimanche 15 août, 5 heures
Je dors très mal, je rejoue le PTV toute la nuit. Pamino m’emmène de son élégant trot éléphantesque dans la pente vers la maniabilité, il passe à travers en arrachant tout sans que je puisse l’arrêter. Ce n’est pas grave, je vois un obstacle plus bas, je vais y aller et l’arrêter. Il passe à travers. Pas grave, j’en vois encore un plus bas…..
Vers 6 heures, je me lève, nourris et câline les fauves, ramasse les crottins de la nuit dans le parc. Ensuite je ne résiste pas, je vais au manège guigner si les résultats du POR sont affichés. Ouah, 4ème rang, 216 points. On est bien. Voilà qui va améliorer ma tension nerveuse.
Je retourne annoncer la bonne nouvelle à mes coéquipières (pas de raison que je sois le seul à flipper) et prendre un café.
La MA
Nous chauffons nos mulets sur notre paddock, tous sautent les petits obstacles de test que Monica nous prépare. Pamino est attentif, j’arrive à le décoller de ses potes sans problème. Il accepte même, suivant l’exemple de Bidana, de faire une répétition de la MA dans le couloir entre nos parcs. Montée au galop, retour au pas. Un brin de confiance pointe le bout de son nez.
Arrivés sur place, nous prenons nos dossards et, comme je pars le premier de nous trois, je prends soin d’attendre à quelques distances de Beat. Je me remémore les conseils de Véronique, notre professeur magicienne : respire, garde son attention en lui demandant le contraire de ce qu’il propose, donne tes ordres sans précipitation, et une fois le moment venu, couloir et paprika s’il n’obéit pas…
C’est mon tour. Je respire, lance Pamino et comme de bien entendu, demande le galop trop fort de manière que mon mulet juge impolie. Il prend le galop au contrecoeur, mais s’engage à côté du couloir. Stop, retour, je m’énerve, j’arrive à le mettre dans le couloir, mais il trotte, je m’énerve encore plus, il fait deux foulées de galop, repasse au trot, il me signifie clairement qu’il ne fera aucun point à cette épreuve. Na ! Le retour au pas, encore une fois par trop de précipitation de ma part, se fera au petit trot. On fera mieux au PTV.
Le PTV
J’ai quelques minutes avant le départ du PTV, j’en profite pour respirer profondément, demander des 8 et des reculés à mon mulet, qui me semble attentif. Me voilà engagé dans le premier obstacle, la passerelle. Pamino s'avance sans hésitation, fait un écart après les piquets et passe à côté. Cela devient son jeu favori. Je recommence et parviens à le faire passer.
Ouf, je prends la direction des troncs en demandant le trot. Il se met au galop. Bizarre, cet entrain inattendu. Je comprends son intention quand j'aperçois Beat dans le couloir de la maîtrise des allures, au loin sur notre droite. Effectivement, Pamino amorce un virage en direction de son copain. J’ouvre tout ce que je peux ma rêne gauche, mais vous avez vu la tête de mon mulet ( 1m de la pointe des oreilles au bout du nez), il faut une grue pour la déplacer contre son gré. Là, il devient malhonnête, et je prends mon petit accessoire couleur carotte vendu à prix d’or par un chuchoteur fameux et lui cingle la joue droite plusieurs fois, jusqu’à ce qu’il reprenne la direction des troncs. Ah ah, me chuchote-il, cette fois c’est sérieux. OK, on y va.
Je prends le pas devant les deux troncs, et arrivé à un mètre, le pousse en avant des talons et de la cravache en hurlant des encouragements. Il saute, je suis comme je peux, à la John Wayne.
Obstacle suivant, le reculé. Complètement stressé, j’omets de saluer Laurent, excuse-moi, le juge qui m’accueille. Je me mets en place, respire profondément, fixe un point distant (le focus, chuchoteur dixit) et tend mes rênes. Ca marche, Good Boy Pamino fait un reculé sans faute. On peut attaquer la suite de manière plus sereine.
Mon mulet préféré va enchaîner le saut de la rivière bleue d’Ismael (obstacle célèbre dans les paddocks du voisinage), le saut des bottes de paille, le portail, le slalom, descendant donc au pas, les montées et descentes à cheval et en main, la maniabilité, l’immobilité et le montoir à droite. On commettra quelques erreurs, mais il essaiera tous les obstacles avec bonne volonté. On a même réussi le portail, Pamino ayant effectué un magnifique pas de côté pour me laisser remettre la corde en place. Même lui n’en croyait pas ses oreilles.
On termine épuisés, autant lui que moi, mais très fiers de notre prestation. On a vraiment donné le meilleur de nous et nos efforts seront récompensés de 116 points. Un peu mieux que nos 28 points de l'édition 2003.
Sandra et Beat s’en sortiront encore mieux, puisqu’ils marqueront 15 points à la MA et 119 points au PTV.
Quant à Monica et Bidana, la qualité de leurs résultats pour leur deuxième TREC laisse rêveur :
MA : 24 points (sur 30) au galop le plus lent, 24 points (sur 30) au pas le plus rapide
PTV : 145 point sur 160.