Les trophées en images
Trophée 2005

Ah, Leysin, son panorama, son restaurant tournant, la Berneuse, la Tour d’Ai, Leysin et son parc de tobogganing, son Silvio, Leysin et son microclimat, particulièrement lors du 1er week-end de novembre.

Conformément aux promesses de Monsieur Météo, le ciel se dégage sur Montricher, ce samedi matin 5 novembre 2005. Un beau week-end d’automne s’annonce et c’est le cœur léger que nous chargeons nos fringants destriers dans le van.

Notre optimiste météorologique va s’estomper peu après Aigle, quand nous entrons dans le brouillard qui ne va plus nous quitter de la journée. Le 9ème trophée du mulet, 3ème édition pour nos mulets de sport nous attend dans la brume.

S’il offre une bonne dose d’émotions aux spectateurs et aux participants, le trophée du mulet n’en reste pas moins une affaire sérieuse. Casque obligatoire pour toutes les épreuves, ni cravache ni éperons, le règlement est affiché bien en vue, en français et allemand.

Le programme des épreuves y est toujours aussi riche : courses plates, six-barres, courses attelées, gymkhana. Le gymkhana et le tipi spécialement réservés aux enfants sont très fréquentés.

Le niveau général a bien progressé. Il suffit de voir le nombre de candidats aux différentes épreuves de six-barres et la hauteur des obstacles pour s’en assurer. La concurrence est rude, il faut être bon pour terminer dans les classés.

Le parcours de gymkhana était spécialement soigné cette année : une butte et une rivière à l’image des obstacles du CSI de Genève, un couloir, un tunnel, des piles de troncs à franchir, du tir à la sarbacane, activité non reconnue par l’association des mulets de Montricher et qui n’a pas manqué d’inquiéter nos longues oreilles, un petit tour autour d’un joueur de tambour, les difficultés étaient variées et corsées.

Fidèles à leur habitude, nos deux mulets ont été, de manière générale, braves et généreux, mais également irrespectueux et taquins. Ils ont toutefois un comportement assez spécifique à cette manifestation. Ils sont attentifs, calmes, concentrés sur nos demandes, et soudain, sans raison évidente, ils « pètent un boulon », prennent le mors aux dents et par voie de conséquence le galop, et réussissent sans trop de peine à nous mettre par terre de manière peu élégante. Cela contribue à la bonne ambiance générale et à l’émotion du spectacle, mais nos chers mulets seront privés de carottes pendant quelques temps, le budget concerné ayant été réalloué à la rubrique « ostéopathe ».

Cette année, nous avions pourtant décidé d’adapter notre tactique. Petite balade autour du Suchet pour chauffer les muscles, un peu de travail de dressage et d’obéissance, puis choix des épreuves plus techniques avant les courses et le saut. Nos mulets sont très calmes et attentifs durant cette préparation.

Je prends le départ du le gymkhana. D’abord la butte CSI, pas de problème pour Pamino, mulet de montagne que la dénivellation ne rebute pas. Ensuite la rivière, là c’est un peu plus compliqué. Mais pourquoi donc devrais-je mettre un sabot dans cette eau glaciale et nauséabonde ? Un homme de piste essaie de m’aider et de pousser mon mulet avec une chambrière. Peine perdue, je renonce. Je reviens au trot par la butte et là, profitant de la légère descente, Pamino me fait son coup favori, embarquement immédiat au triple galop vers la sortie, arrêt western très franc, la croupe en haut et la tête en le bas et hop, plus de cavalier sur le dos. Je me relève sans bobo et, ayant moi-même une tête de mule, je remonte et finis le parcours sans trop de peine.

Pamino recommencera ses vilaines manières lors du six-barres du dimanche. « Je franchis le premier obstacle, prends le triple galop, saute le deuxième suffisamment fort pour déséquilibrer le cavalier, stoppe brutalement entre les obstacles et hop, il s’envole… » Encore une fois sans mal, grâce à ma grande pratique du judo, que j’étudie souvent devant la télévision.

Grande première pour Pamino et moi, nous nous qualifierons pour les finales des courses plates du samedi et du dimanche. Satisfait d’avoir accompli péniblement cet exploit sportif hors du commun, Pamino ne daignera pas manifester le même entrain durant les finales. Comme la piste est très glissante et que j’estime avoir suffisamment goûté l’herbe de Leysin, je me contente de participer avec plaisir.

Beat, de son côté et pour ne pas être en reste, arrivera également à se débarrasser de sa cavalière par deux fois, avec des réceptions plus difficiles, Sandra ne regardant pas le judo à la télé.

En conclusion, comme toujours, le trophée du mulet est un week-end très riche en émotions, peurs, colères, rires et larmes, peut-être trop riche pour nos mulets. Merci Silvio et toute ton équipe et à bientôt pour de nouvelles aventures.

Trophée 2004

Samedi 6 et dimanche 7 novembre 2004, nous étions à Leysin pour le 8ème Trophée du mulet.

Nos mulets progressent toujours et leur résultat d'ensemble est très encourageant:

Beat

4ème du gymkhana, le samedi
4ème du Trophée des neiges
4ème du 6-barres du dimanche matin
3ème du Trophée du mulet 2004

Pamino

3ème du gymkhana, le samedi
2ème du 6-barres
1er du gymkhana du dimanche
3ème du 6-barres de l'après-midi

 De plus, nous nous sommes beaucoup amusés. Merci et à bientôt, Silvio et toute l'équipe...

Trophée 2003, quelques impressions
 
3 novembre 2002. Beat et Pamino habitent Montricher depuis une quinzaine.

Pas encore très aguerris à la gestion du mulet de plus d'une demi-tonne, nous avions décidé de nous rendre au trophée du mulet de Leysin, histoire d'observer de quelle façon des muletiers d'expérience maîtrisaient les différentes difficultés annoncées dans le programme.
Rappelle-toi, Sandra, il pleuvait sur Leysin ce jour-là. Il pleuvait et il faisait froid. Mais la météo n'a aucune prise sur la magie de cette fête. L'ambiance dans le village tipis est certes enfumée, mais tellement chaleureuse.
Les mains enroulées autour du verre de vin chaud, nous avons observé les courses, le six barres, les gymkhanas. Nous avons vu des mulets piaffer d'impatience sur la ligne, puis faire brusquement demi-tour et partir au galop en sens inverse au moment du départ. Nous avons vu des mulets faire une bonne partie de la course en tête puis s'arrêter brusquement et refuser de franchir la ligne. Et nous avons décidé : Nous serons ici avec nos mulets l'année prochaine.
 
1er novembre 2003. Nous arrivons à Leysin en fin de matinée, en grand convoi, avec nos enfants, Morgane et Hugo, et Josiane, leur grand-maman.

Beat, Pamino et nous-mêmes avons fait de gros progrès durant l'année. Ils sont calmes au licol, ils ont appris au cours de nos randonnées et durant le TREC de Montricher à rester zen, même au milieu de chevaux trottinant dans tous les sens. Bref, ils sont bien dans leur poil et bien dans leur tête.
Ils sortent du van en saluant leurs copains de braiments joyeux.

Salutations, inscriptions, nous sellons et arrivons sur la piste pour ce qui devait être une éliminatoire de course plate. Mais c'est un derby VTT-mulet. Nous n'avons pas de cycliste dans l'équipe. Les organisateurs trouvent rapidement deux amis normands qui acceptent de faire la course à VTT. Lancés par les cyclistes, nous faisons notre tour de piste, Beat au galop en tête, Pamino dans une de ses allures favorites, le "ga-trot" : deux foulées de galop pour rattraper Beat, puis le trot parce que ce feignant de Beat n'avance pas, mais il est quand même hors de question que je passe devant, on ne sait jamais, il pourrait bien y avoir un lynx tapi derrière le chronomètre.
Nous tenterons encore deux éliminatoires pour le Trophée des Neiges, Sandra sent que Beat commence à se prendre au jeu de la compétition. Pamino, privé de cravache, a compris une autre facette du règlement: il ne finira plus un seul tour complet. "Mais ne t'énerve pas, là-dessus. Pourquoi est-ce que je me fatiguerais à suivre les copains, alors que si on reste tranquillement ici, ils finissent par revenir de l'autre côté."

Sandra et Beat ne parviendront pas à se qualifier pour la finale ce jour-là.
Nous rentrons les mulets dans les écuries de Silvio (merci pour eux), puis souper en famille sous les tipis et soirée avec les amis d'IGM.
 
Dimanche matin, nous récupérons nos mulets de luxe. Pamino a profité de la nuit pour jouer les Steve MacQueen, nous le retrouvons dans une autre stalle. Nous nous inscrivons pour la première éliminatoire. Et ça marche, Sandra se qualifie pour la finale du Trophée du Mulet en se classant deuxième. Quelle belle course. On se prend vraiment au jeu. J'ai le temps d'admirer la course de Beat, car Pamino va de moins en moins loin. Le moment du départ est magique, l'ambiance, les cris alentour, les concurrents qui partent au galop en gesticulant, ça va dans tous les sens, Pamino est pris aussi et démarre en trombe. J'essaie de lui coller le museau sur la croupe de Beat pour profiter de l'aspiration. Cinq foulées. Il passe au trot, ralentissant inexorablement, tirant vers l'extérieur. J'ai beau lui martyriser les côtes, il n'en a cure. Il accepte tout juste de revenir au trot jusqu'à la ligne d'arrivée, éventuellement de finir son tour derrière les mulets de course qui effectuent leur tour d'honneur.
 
Autre moment d'émotion, le six barres. Sandra part devant, j'ai oublié ma bombe. Beat franchit les deux premiers obstacles et refuse le troisième, effrayé par le geste brusque d'un commissaire qui voulait l'aider. Dommage car Beat a déjà sauté bien plus haut à l'entraînement.
J'arrive alors que Sandra termine. Malgré mon très bon niveau d'équitation de survie, je suis incapable de faire entrer Pamino sur la piste. Sandra et Beat  devront nous accompagner jusqu'à la piste d'envol. Pamino refuse la première croix. Ah non, cette fois je ne suis pas d'accord, je te le dis bien fort dans le creux de l'oreille, tu vas franchir ces obstacles, tous. J'ai dû lui paraître suffisamment motivé, car après un autre refus, il franchit effectivement les 3 obstacles sans les toucher. On a de l'espoir pour l'année prochaine.
 
L'après-midi, nous participons encore à un gymkhana, en attendant la grande finale. Les mulets sont braves, mais nous manquons d'adresse au lancer. Il me semble les avoir entendu ricaner.
 
Et voici enfin la finale du Trophée du Mulet. Beat est calme et attend le départ sans s'impatienter. Sandra joue tactique, se décale légèrement sur la droite, prend un bon départ, et colle le trio de tête. Elle termine le premier tour en quatrième position. Le deuxième tour est de trop pour Beat, il perd sa foi et son souffle et termine sa course gentiment, économisant son énergie comme tout mulet sait le faire.
Les deux trophées de samedi et de dimanche ont été remportés par Putzie Urban Eyer et son mulet Yogi, petite bombe à longues oreilles. Même les meilleurs cavaliers normands et les très expérimentées coéquipières du team Gentinetta n'ont pas réussi à le battre.
 
Que d'émotions durant ce week-end. On a bien mangé, bien bu, beaucoup ri, très peu pleuré et on est une fois de plus très fiers de nos splendides mulets.
Un immense bravo à l'équipe organisatrice, tellement efficace et accueillante.
 
Ah, encore quelques mots : Merci Monsieur Silvio, et à l'année prochaine.
 

 

February 22, 2012